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Three musketeers again II
D’Artagnan in the Bastille

Nikolay Kharin

702 pages
1997 - Russie
Roman

Intérêt: **

 

 

 

Ce roman constitue la suite directe de Three Musketeers Again (lui-même conçu comme la suite immédiate des Trois mousquetaires). Il a été publié en russe en 1997. Sa traduction en anglais ne remonte en revanche qu’à 2017.

Cette deuxième partie du roman de Kharin se déroule dans un contexte de multiples complots visant Richelieu. Gaston, frère de Louis XIII, la reine mère, la reine Anne, une partie de la très haute aristocratie veulent le départ ou la mort du tout-puissant ministre. Les jésuites, eux aussi, sont prêts à tous pour se débarrasser de lui. Amplement décrite, cette trame historique sert de toile de fond aux aventures des quatre mousquetaires.

Dès le début du livre, d’Artagnan, pris en étau entre Richelieu et les ennemis de ce dernier, se retrouve à la Bastille. Il y restera la plus grande partie du roman, largement consacré à décrire les efforts des trois autres mousquetaires pour le délivrer. Aramis, Athos et Porthos ne partagent pas du tout les mêmes options dans les complots en cours. Aramis est engagé à fond dans les menées des jésuites contre Richelieu, tandis qu’Athos et Porthos, très en retrait, restent du côté du roi et de l’Etat, et donc contre les comploteurs. Ces divergences n’empêchent pas les trois amis de joindre leurs forces pour secourir d’Artagnan.

Plusieurs tentatives se révèlent infructueuses : ils essayent d’atteindre sa cellule de l’extérieur, ils s’introduisent dans la forteresse dissimulés au sein d’un groupe de mousquetaires qui accompagne un prisonnier, etc. Mais tout cela en vain : ils parviennent bien à libérer un prisonnier mais ce n’est pas d’Artagnan qui a changé de cellule juste avant… C’est finalement lorsque Louis XIII se fait amener le lieutenant des mousquetaires emprisonné pour l’interroger que les trois hommes trouvent le moyen de l’intercepter.

Diverses intrigues se déroulent en parallèle et notamment celle du complot monté par les jésuites contre le cardinal. Le projet consiste à faire engager comme médecin personnel de Richelieu un alchimiste chargé de l’empoisonner. Mais l’homme a ses propres plans et rien ne se passe comme prévu. Sa nièce Anne joue également un rôle important en raison de ses dons de voyance qui impressionnent fortement le cardinal.

 

Ce long roman est plein de rebondissements, de chevauchées, de duels, de batailles et d’intrigues. On y retrouve les personnages principaux des Trois mousquetaires : le roi et son ministre, Tréville, Planchet, Grimaud, etc. Les quatre mousquetaires sont extrêmement présents, bien entendu, et notamment Aramis, plus comploteur que jamais, décrit avec finesse comme dans ce passage : « Aramis jeta à Madame de Cavois un regard – un de ses regards éclair que, en général, ses interlocuteurs ne percevaient pas et qui témoignaient du jeu, complexe et incompréhensible pour l’adversaire, mené par Aramis. Il n’y avait que deux hommes capables de percevoir ces regards fugaces d’Aramis et de comprendre, de ce fait, qu’il était plongé dans une nouvelle intrigue ; et il n’y avait que trois hommes qu’il ne regardait jamais ainsi. Les deux premiers étaient d’Artagnan et Athos, les trois derniers Athos, Porthos et d’Artagnan. »

On retrouve aussi de nombreuses scènes caractéristiques des Mousquetaires : escarmouches entre le roi et son ministre (voir extrait ci-dessous), affrontements entre les mousquetaires et les gardes du cardinal, scènes d’auberge ou de salons…

C’est bien, en fait, l’extrême fidélité du roman à son modèle qui frappe le plus. Comme déjà signalé pour le premier volume, qu’il s’agisse de l’intrigue, des personnages, de l’humour ou de l’écriture, Kharin « colle » à Dumas de façon très étonnante. A cet égard, il peut sans doute prétendre à la distinction de plus fidèle parmi les suiveurs du maître.

Note : la dernière ligne de ce livre annonce un troisième volume dans la série. Mais il n’était toujours pas paru en 2019.

 

Extrait du chapitre LII The Horoscope of Richelieu (Continued)

Richelieu climbed into the carriage and rode to the Louvre in a state of mild delirium. Louis XIII awaited him in a state of elation. The report of the cardinal having blatantly exceeded his authority and issued an order to effectively arrest of all the Musketeers free from guard duty had reached the king the day before. His first and natural reaction was indignation. But then, as Monsieur de Tréville related to him the details of what transpired afterwards, the countenance of the king gradually brightened. The Musketeers, perceiving themselves to be guiltless and supposing, quite reasonably, that one should never let oneself be arrested, least of all by one's sworn enemy — the guards of the cardinal — put up stiff resistance everywhere.

In the cabaret of the Guiding Star upon the Rue de Bresec (subsequently renamed the Rue de l'Arbre-Sec) the guards of the cardinal had made a valiant effort at dragging from behind the tables a few Musketeers, who made merry in the company of the guardsmen of Monsieur Dessessart. The effort cost them dearly: two guards were slain on the spot, two more seriously wounded.

Three bodyguards of the cardinal discovered upon the Place Maubert a solitary Musketeer, returning from a rendezvous. Seeing the numerical advantage to be on the side of the adversary, Monsieur de Tréville's subordinate began to call for aid loudly and was heard by the lady of his heart, whose abode he had just departed. The lady made such a noise, that people began to come out onto the square. Amid the general uproar the manful Musketeer ran through one of the assailants and disappeared in the crowd. The two guards which remained relatively unscathed delivered their gravely wounded comrade to the Celestine monastery, where he gave up the ghost.

The soldiers of his Eminence had no more success elsewhere, but their greatest losses were incurred by the Hotel de Rambouillet upon the Rue St. Thomas. In addition to Merceur, who had been run through by Athos, and Bicarat, who was still alive, the cardinal had lost four more, not to mention the multitude of lighter wounds, injuries, and mutilations, sustained by his stalwart guardsmen.

"The Duc de Chevreuse, too, suffered a loss," concluded the beaming king, who had recounted in full all that he had heard from Monsieur de Tréville to Monsieur the Cardinal. "He estimates that his damages amount to some fifty thousand livres."

The last words of the king cooled the inflamed brow of the cardinal. His Eminence had a practical mindset and could count very well.

"The Duc de Chevreuse is deceived, your Majesty. His store of furniture, all contents included, could not have been worth more than half the sum," he replied.

 "Still, duke, you must agree that burning down houses in Paris is highly suspect behavior. Especially so for guardsmen!"

The cardinal could do nothing but make a bow to the king. Louis XIII rejoiced so greatly over the triumph of his Musketeers over the guardsmen, that he was no longer angered at his Eminence and concluded his speech with only a mild reproof for the latter's precipitate decision.

"You see, Monsieur the Cardinal, our old argument has settled itself," added the jubilant king. "Now it must be clear to you that my Musketeers are superior to your guardsmen. To think of it — they've incapacitated a quarter of your company, and the best ones, too! I almost feel like I am the one who ought to apologize for my Musketeers, but you brought this upon yourself, duke! I can see now that Maréchal de la Force cannot do without the Musketeers. It is decided, then! They will go on campaign. Captain de Tréville had requested this, and now I cannot refuse him.

"And you, dear duke, must now replenish the ranks of the Company of Monsieur de Cavois. In essence, this is all that I wished to tell you."

As he bid adieu to Richelieu, the king remarked casually:

"By the way, do you still have enough men to ensure your safety, duke? If you wish, I could lend you a few Musketeers until you should find for yourself new guards."

The cardinal could only grind his teeth.


 

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