Sommaire  Tous les livres  Couvertures BD Musique  Arbres généalogiques Votre pastiche
Recherche



The Queen’s Musketeers Books 1-3

R.A. Steffan

710 pages
Autoédition - 2015 - États-Unis
Roman

Intérêt: **

 

 

Autoédité par son auteur et disponible notamment en téléchargement ou impression à la demande sur Amazon, The Queen’s Musketeers se compose de trois « livres » : Book 1 We feared to fly ; Book 2 No haven beckons ; Book 3 Call nothing yours. Ces trois parties peuvent être achetées séparément mais elles constituent en fait une histoire unique qui enchaîne directement d’un livre à l’autre.

Cet épais roman se situe dans une Histoire alternative où la France du XVIIème siècle est ravagée par une épidémie de Peste noire comme cela est arrivé en réalité notamment à l’époque médiévale. Les deux tiers des habitants sont morts et la guerre civile fait rage. Trois ans avant l’action du livre qui se situe en 1631, Louis XIII a été renversé par son frère, le duc d’Orléans. Ce dernier a ensuite été assassiné, et c’est son épouse, Isabelle de Savoie, qui détient le pouvoir au nom de leur fils, le très jeune François, aidée en cela par son Premier ministre, le cardinal de Richelieu. Louis XIII et son épouse Anne d’Autriche se sont cachés en province mais l’ex roi vient de mourir, frappé à son tour par la peste. Le pays entier est plongé dans le chaos. Les champs sont à l’abandon faute de bras pour les cultiver, les villes à moitié désertes, la population manque de tout. Les hommes tentent de survivre comme ils le peuvent, le « chacun pour soi » étant la règle universelle.

Le jeune d’Artagnan est parti de chez lui après une succession de catastrophes : toute sa famille est morte, tuée par la peste, il a été chassé de sa maison et de ses terres par ses voisins qui s’en sont emparées. Totalement déboussolé, le jeune homme erre à travers le pays et s’adonne à l’auto flagellation comme toute une partie de la population : la peste est un châtiment divin et chacun doit se punir pour expier ses péchés.

Dans les premières pages du livre, d’Artagnan fait accidentellement, et successivement, la rencontre de trois cavaliers, Athos, Porthos et Aramis. Il se bat à leurs côtés dans un combat contre des brigands, au cours duquel il est blessé. Recueilli par les trois hommes, il se retrouve au sein d’un groupe comprenant également Milady, la femme d’Athos, son valet Grimaud, une mystérieuse jeune femme enceinte, Ana Maria, et un vieux soldat, Tréville. Dans le monde impitoyable qui l’entoure, d’Artagnan est frappé par la solidarité qui unit les membres de ce groupe composite et par leur disposition à l’accueillir.

La petite troupe est en butte à des attaques répétées qui semblent viser Ana Maria. D’Artagnan sauve la vie de celle-ci et apprend la vérité : la jeune femme n’est autre qu’Anne d’Autriche, enceinte du bébé de Louis XIII qui vient de mourir. Elle fuit à travers la France, protégée par Tréville et les trois mousquetaires, pourchassée par les sbires de l’usurpatrice Isabelle qui veut évidemment supprimer l’épouse du roi détrôné et son bébé à venir, futur héritier légitime du trône de France. Détail cocasse : comme il faut une monture confortable à la reine, c’est au vieux cheval jaune de d’Artagnan qu’incombe cet honneur !

Au fil des attaques, qui occasionnent de graves blessures à Aramis, une évidence s’impose : un traître informe les ennemis de la reine de leurs déplacements. Le soupçon s’installe et d’Artagnan est terrifié à l’idée que ses nouveaux amis le suspectent, n’arrivant pas à croire qu’ils puissent lui faire confiance. Le jeune homme et Athos sont capturés, ce dernier est torturé mais les deux hommes s’échappent. Le traître est identifié et éliminé, et le groupe se reforme au moment où Anne d’Autriche va accoucher.

Une scène intéressante voit Tréville raconter à Athos que, dans ses efforts pour identifier le traître, il a enquêté sur Milady (comme sur tout le groupe) et a découvert son passé de jeune fille enfuie du couvent avec un prêtre, etc. Athos raconte qu’il sait parfaitement tout cela : il a découvert la marque sur l’épaule de Milady quand celle-ci a été touchée par la peste et qu’il l’a soignée. Il a écouté les explications de la jeune femme et lui a pardonné. «Que vouliez-vous que je fasse, demande-t-il, la pendre à l’arbre le plus proche?» «Bien sûr que non», répond Tréville…

Le bébé royal naît, un garçon, le roi Henri V. Des partisans se rassemblent autour de la reine et de ses proches. Parmi eux se trouve une jeune veuve, Constance, dont le mari est mort de la peste. Elle rêve de voir la reine et d’Artagnan, aussitôt tombé sous le charme, la présente. Constance est d’autant plus intéressante pour la reine et son camp que son parrain, M. de La Porte, sert à la cour d’Isabelle, à Paris, et peut y devenir une source d’informations. Et comme par ailleurs le bébé de Constance vient de mourir, elle devient la nourrice du roi Henri V, honneur qui la bouleverse totalement.

La reine et ses partisans s’installent dans la ville de Chartres, qui s’est ralliée à elle, et s’y fortifient. Les troupes d’Isabelle ne tardent pas à les assiéger. Pendant les longues semaines que dure le siège, Aramis est frappé par la peste. Athos, Milady et d’Artagnan, qui ont tous échappé à la peste durant les mois précédents et sont donc immunisés, exigent de veiller sur leur ami placé en isolement, avec l’aide de Porthos. Et cela en dépit de l’opposition d’Aramis qui craint par dessus tout de les contaminer.

Durant cette longue attente, d’Artagnan continue à souffrir horriblement de crises d’angoisse et de culpabilité liées notamment à la mort de toute sa famille. Ses envies de flagellation le reprennent et ses amis l’aident petit à petit à s’en sortir. De son côté, Constance est attirée par le jeune homme mais elle  été profondément traumatisée par son premier mariage et se sent incapable de nouer une relation normale avec un homme. Ce sont donc deux grands blessés de la vie qui tentent de construire petit à petit une relation, avec l’aide inattendue de Milady qui en a vu bien d’autres. Aussi cynique et expérimentée que Constance est naïve et fragile, l’épouse d’Athos se révèle de bon conseil auprès de la jeune veuve.

Les perspectives d’Anne d’Autriche de revenir au pouvoir s’améliorent brusquement quand il apparaît que Richelieu joue un double jeu. Premier ministre d’Isabelle, il fournir en cachette des informations et des munitions à Anne. Pour y voir plus clair sur les intentions du cardinal et mieux juger de la situation dans la capitale du royaume, Tréville envoie plusieurs espions à Paris : Milady en tant que maîtresse de Richelieu, Constance et d’Artagnan qui intègrent le personnel du Louvre, et Porthos. Ces derniers découvrent une ville en plein chaos, du fait de la peste et de la guerre civile, et constatent qu’Isabelle dispose de moins en moins de soutiens. D’Artagnan et Constance profitent de leur séjour parisien pour se marier.

Les troupes d’Anne marchent sur Paris où des émeutes se déclenchent. D’Artagnan a été chargé par Anne et Tréville de capturer le jeune François, fils d’Isabelle, mais Richelieu, définitivement rallié à Anne et au roi légitime Henri V, fait assassiner l’enfant pour éliminer toute possibilité de nouvelle usurpation. Anne devient régente du royaume, et prend Richelieu comme conseiller. On apprend finalement que Milady attend un bébé d’Athos.

 

Parmi les innombrables variations sur le thème des mousquetaires, The Queen’s Musketeers se distingue à au moins deux titres. En premier lieu par le choix d’un contexte historique parallèle comportant de fortes différences avec l’Histoire réelle. Le choc suscité par l’épidémie de Peste noire et le renversement des souverains légitimes créent un cadre dans lequel un récit complètement nouveau peut se développer, avec des personnages qui, tout en restant fondamentalement les mêmes que dans les romans d’origine, évoluent très différemment.

Deuxième originalité : la tonalité très noire du récit. Alors que le mythe des trois mousquetaires évoque le plus souvent une certaine gaité, une joie de vivre, les plaisirs de l’amitié et du bon vin, rien de tout cela dans ce récit alternatif. Cela tient évidemment beaucoup au choix de l’univers parallèle dans lequel évolue le roman : un contexte de mort, de pays ravagé, affamé. Les héros de The Queen’s Musketeers souffrent beaucoup : physiquement, de leurs nombreuses et graves blessures, mentalement, de leurs traumatismes variés (d’Artagnan et Constance en particulier). Avec ce d’Artagnan tourmenté, écorché vif, se flagellant dès qu’il en a l’occasion, on est bien éloigné de celui, rieur et ambitieux, de Dumas – mais le glissement de personnalité fonctionne tout à fait. Autre personnage à l’évolution intéressante : Milady. L’épouse d’Athos est dans ce livre aussi décidée, entreprenante et sans scrupule que dans Les trois mousquetaires mais… elle est restée «dans le bon camp». Sa relation avec Athos est extrêmement tumultueuse (il sait pertinemment qu’elle n’hésite pas à coucher avec l’ennemi si cela peut être utile à la cause) mais leur passion réciproque prend toujours le dessus. Elle forme du coup avec Constance un duo inattendu – ange noir/ange blanc - de femmes très proches d’Anne d’Autriche dans sa fuite. Autre glissement de «personnage» qui relève du clin d’œil : le pathétique cheval de d’Artagnan qui devient monture royale…

L’ambiance très sombre permet de mettre en valeur la force de l’amitié et de la solidarité qui unit le petit groupe entourant la reine. Dans ce contexte épouvantable, ce «un pour tous, tous pour un» a un impact évidemment encore plus grand – et sauve d’ailleurs littéralement d’Artagnan de la destruction.

Une troisième originalité plus discutable doit être signalée, le roman est parsemé de scènes érotiques très poussées : aventures de d’Artagnan dans les auberges, expériences timides au début puis de moins en moins entre le jeune homme et Constance, etc. L’auteure R.A. Steffan place d’ailleurs un avertissement au début du livre pour préciser qu’il est réservé à un lectorat adulte. L’inconvénient, du coup, est que le roman n’est pas adapté à des lecteurs plus jeunes qui auraient pu y trouver un intérêt. Ce problème est particulièrement aigu dans une brève nouvelle Mission to Vendôme qui constitue en fait une introduction au roman principal. Une vague intrigue rapidement expédiée cède ensuite la place à la description détaillée d’une nuit torride entre Porthos, Aramis et une prostituée, qui n’apporte pas grand chose à l’ensemble. Cette nouvelle est envoyée gratuitement par l’auteure aux lecteurs qui se font connaître sur son site.

Fort bien écrit, se lisant d’une traite en dépit de sa longueur, The Queen’s Musketeers est au final une très intéressante et créative interprétation du mythe des mousquetaires. R.A. Steffan a écrit une suite : Heed not our wounds.

Lire l'interview de R.A. Steffan.

 

Extrait du Livre III Call nothing yours, chapitre III July 12th, 1631

The morning of July twenty-third dawned clear and bright. D'Artagnan, riding a horse borrowed from one of the townsfolk, made his way through the remains of the camp, overseeing the final loading of the wagons and carts. Detritus littered the trampled dirt and grass of the village green, but the caravan was finally ready to move out in the wake of the lines of foot soldiers arrayed behind d’Aumont and his lieutenants. They awaited only the Queen's retinue.

The sound of horses approaching from west of the church heralded Her Majesty‘s arrival, and d'Artagnan rode forward to meet them as they came into view around the walls of the chapel. He had some idea of what to expect, but that didn’t stop him from catching his breath at the sight which greeted him.

No fragile flower enclosed in a gilded carriage, the Queen led her procession riding astride and wearing the bespoke armor that d'Artagnan had earlier mistaken for that of a youth. The camp's blacksmith had outdone himself. The cuirass shone in the dawn light. Her Majesty’s crown rested on the sparkling chain mail coif that draped over her head and neck. Spaulders and vambraces protected her shoulders and arms. The glint of a spur peeked out from voluminous skirts that perfectly matched the color of the aged yellow gelding she rode.

D'Artagnan blinked, and blinked again. The old pony he had ridden since childhood strode forward with an arched neck and a bearing regal enough to match that of its rider, almost as if the beast could sense the honor that it had received. A gleaming metal champron covered the gelding's face from ears to muzzle, matching the style of the Queen's armor exactly. In the rays of early morning sunlight, the horse’s shiny coat was not the color of a buttercup - it was the color of beaten gold.

Behind the Queen, Constance – riding the broom-tailed mare and bearing the infant King in a sling close to her breast - rode side by side with Milady. Porthos, Athos, Aramis, and de Tréville were arrayed around them protectively. A gap on the Queen‘s left caught d’Artagnan's attention, and suddenly, ridiculously, he found his eyes burning with unshed tears.

That was the place they had made for him.

 


 

 Sommaire  Tous les livres  Couvertures BD Musique  Arbres généalogiques Votre pastiche
Recherche