L’ennemi de mes ennemis In Les nombreuses vies de James Bond
Pierre Rodiac
10 pages Les moutons électriques, éditeur - 2007 - France Nouvelle
Intérêt: *
Cette brève nouvelle met en scène la rencontre de
d’Artagnan et de l’agent secret britannique sir William
Bond, dont on devine sans peine qu’il est l’ancêtre d’un
autre agent à la très grande notoriété…
Les deux hommes se trouvent être
chacun de son côté, pour le compte de son gouvernement,
sur la piste de documents propres à compromettre à la
fois la reine de France et le roi d’Angleterre. Leur
intervention permet de contrecarrer les plans d’une
belle espionne et d’empêcher l’agent de l’Empire
Germanique de les récupérer. Le Français et l’Anglais
fraternisent et décident de détruire les documents.
Ce petit texte sans prétention est beaucoup plus centré
sur sir Bond que sur d’Artagnan. L’agent britannique
partage bien sûr les principaux traits de caractère de
son lointain descendant, dont la passion des femmes. La
nouvelle commence également par une scène de jeu,
caractéristique des «James Bond».
Extrait
- Il semble bien que nous soyons sur la même piste par
deux chemins différents. Confortablement attablé au Cabaret
de la pomme de pin, en compagnie de sir William
Bond, D’Artagnan, se servait un verre de vin d’Anjou.
- J’ai répondu à l’appel de la Reine de France,
reprit-il. Je lui avais rendu service il y a une
douzaine d’année et je m’étais d’ailleurs rendu dans
votre pays pour y récupérer certains ferrets dont….
Bref, ceci est de l’histoire ancienne. Malgré mon titre
de lieutenant des mousquetaires du Roy, elle m’a oublié
durant toutes les années qui ont suivi. La Reine a de
nouveau fait appel à moi lorsqu’elle a découvert que des
papiers compromettants lui avaient été dérobés par une
espionne. Celle-ci avait rendez-vous avec son contact,
ce soir à l’Académie de jeu du Palais Cardinal.
- Sa majesté Jacques 1er d’Angleterre m’a envoyé en
France pour contrecarrer les plans du Saint-Empire
Romain Germanique. Un espion hongrois au service de
l’Empire, le comte Blofeld, venait d’arriver à Paris. Il
devait y rencontrer son contact et récupérer des
documents sensibles pour la couronne d’Angleterre. J’ai
été chargé de surveiller la transaction, de m’emparer
des dangereux documents et de les détruire.
Sir Bond frappa du poing sur la table.
- Ce diable de comte Blofeld est parvenu à s’échapper,
mugit-il. J’ai réussi cependant à le blesser
sérieusement, ce qui n’est pas pour me déplaire.
Il but une gorgée de son verre de vin. Décidément, les
vins français étaient ses préférés.
- Connaissez-vous cette belle et mystérieuse voleuse au
service de l’ennemi? reprit Sir Bond, les yeux
brillants.
- Cette superbe créature est une dangereuse espionne.
La duchesse Viola Lynd. Prenez-y garde, si vous vous
retrouvez de nouveau face à elle. Vous risqueriez de
tomber entre ses griffes. Elle doit être loin à présent
et Dieu seul sait où. Pour notre salut, mieux vaut
ignorer tous deux sa destination.
Le visage blanc de la jeune femme, sa chevelure roux
flamboyant et ses yeux d’or cruels obsédaient sir Bond
depuis qu’il les avait observés, caché derrière le
rideau du boudoir. Il ne parvenait à en faire
disparaître l’image profondément ancrée dans sa mémoire.
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