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El Conde De Montecristo

Don Juan De Alba

76 pages
1860 - Espagne
Pièce de thêatre

Intérêt: 0

 

 

Cette pièce espagnole en vers constitue l’une des nombreuses tentatives d’adaptation du Comte de Monte-Cristo au théâtre (voir l’ensemble des pièces inspirées par le roman). Datée de 1860, c'est également l'une des plus anciennes.

Elle se singularise par un parti pris curieux dans la répartition des différentes parties du roman dans cette transposition scénique. En effet, le premier acte, consacré au tout début du roman (l’arrivée d’Edmond Dantès et son arrestation), occupe 21 des 72 pages de texte. Le deuxième acte, qui traite de la captivité au château d’If, en occupe 18. La vengeance, enfin, se répartit sur les deux derniers actes, à raison de 32 pages en tout.

Cette clé de répartition privilégie énormément le début du roman. De ce fait, l’acte 1 retrace assez fidèlement le retour de Dantès à Marseille, avec quelques simplifications inévitables. Plus court, l’acte 2 simplifie radicalement le séjour en prison du héros. C’est après quatorze années d’emprisonnement que Dantès rencontre enfin l’abbé Faria. Les deux hommes ne se voient en fait qu’une seule fois en tout et pour tout, le temps d’une longue scène. On les y voit faire connaissance, Faria éclaire Dantès sur les raisons de son arrestation, lui donne la clé du trésor et meurt aussitôt. Autrement dit, toute l’entreprise d’éducation et de formation du marin par le vieil érudit, pourtant fondamentale dans la transformation de Dantès en Monte-Cristo, disparaît totalement.

Ca ne s’arrange pas avec la vengeance, ramenée à la portion congrue. L’acte 3 décrit une soirée mondaine unique où les différents personnages (Monte-Cristo, ses ennemis…) se croisent. Le comte explique directement à Villefort qu’il sait tout ce que ce dernier a fait de mal, puis fait la même chose avec Morcerf : les deux hommes se suicident dans la foulée…

Le dernier acte, très court, traite de la vengeance contre Danglars, et aussi des bienfaits prodigués par Monte-Cristo à l’armateur Morrel. L’auteur bouleverse la chronologie du roman : l’acte commence par la scène de désespoir de Morrel confronté à la ruine (qui chez Dumas intervient bien avant la vengeance). Puis l’on voit Danglars de retour de Rome où il raconte comment il a été ruiné par les bandits (épisode qui prend place à la fin du roman). Monte-Cristo lui révèle alors qui il est et le banquier devient fou. Enfin, on retrouve Morrel sur le point de se suicider : Monte-Cristo intervient et le sauve. Fin de la pièce.

 

Comme on le voit, cette version théâtrale n’est pas du tout convaincante. On peut comprendre l’idée de mettre à la fin de la pièce tout ce qui concerne l’armateur, de façon à terminer sur une note positive : Monte-Cristo bienfaiteur et non pas justicier. Mais en effaçant toute la transformation de Dantès et en massacrant la vengeance, l’auteur passe à côté de l’essentiel du roman.

 

Extrait de l’acte trois Hora de la venganza scène XX

MONTECRISTO y CONDE MORCEF

Morcef.
Señor conde, voy á hablaros
acerca de mi loco hijo...
Creo le habéis insultado,
y que ha sido tan mezquino,
que en vez de heriros el pecho,
quiso evitar el peligro;
y pues él no os hizo frente,
aquí estoy yo, señor mío.

Montecristo.
Si queréis, nos batiremos,
aunque creo es un ludibrio
el batirme con un hombre
tan villano y tan indigno.

Morcef.
¿Qué decís? ¿Sabéis quién soy?

Montecristo.
Lo sé mejor que vos mismo:
erais vos un marinero
sin educación, sin bríos.
Crecisteis entre traidores,
y, viendo vuestro cariño
que una joven despreciaba,
al dueño de su albedrío
á una prisión condujisteis,
donde, entre duros martirios,
viviera catorce años.
Después fuisteis, siempre impío,
á combatir por la Francia;
fuisteis espía maldito.
Servisteis á un mahometano;
de un bienhechor vuestro, oídlo,
que os dió fortuna y poder,
habéis sido el asesino;
y ved aquí al miserable,
al espía, al beduíno,
al hombre ingrato, al verdugo,
hoy en noble convertido.
De condes, como este conde...
¡ja, ja, ja, ja! .. yo me río.

Morcef.
Basta, basta; espectro ó sombra;
¡soy perdido, soy perdido!
¡No, no me digas tu nombre!
¡Morir quiero antes de oírlo!

Montecristo.
Yo soy Edmundo Dantés.

Morcef.
¡Cadalso, no, el suicidio! (Vase.)

 


 

 

 

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