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The Jew of Chamant
Or The modern Monte Cristo

George Gossip

353 pages
Hausauer - 1898 - États-Unis
Roman

Intérêt: 0

 

 

Voici typiquement un roman qui ne figure sur pastichesdumas qu’en raison de son sous-titre… Affichant « The modern Monte Cristo » à la suite du titre proprement dit, le livre se revendique comme dérivé du Comte de Monte-Cristo et apparaît de ce fait dans diverses bibliographies. Mais en réalité, le rapport entre les deux romans est quasiment inexistant.

The Jew of Chamant est dû à la plume d’un curieux personnage : George Hatfeild Dingley Gossip était un joueur d’échecs de relativement haut niveau, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la pratique de ce jeu. Né aux Etats-Unis en 1841 et mort en Grande-Bretagne en 1907, il a vécu dans de multiples pays et était polyglotte, comme on le constate à la lecture de son livre, truffé d’expressions en plusieurs langues. Pour The Jew of Chamant, son unique roman, il a choisi d’utiliser un pseudonyme : Ivan Trepoff.

Cette discrétion dans la signature de son roman tient peut-être au fait que celui-ci est d’abord et avant tout un livre violemment antisémite, comme on n’hésitait pas à en écrire au XIXème siècle. Il brosse le portrait d’un certain Claude Joachim Lefèvre qu’il surnomme « le Juif de Chamant » parce que, fortune faite, celui-ci se dote d’un très important haras de chevaux de course dans la commune de Chamant, dans l’Oise, au nord de Paris. Ce Lefèvre a véritablement existé, Wikipedia lui consacre une notice centrée exclusivement sur ses activités d’éleveur de chevaux. Ce qui ne permet pas de déterminer dans quelle mesure sa vie réelle présentait d’autres points communs avec celle du personnage du roman.

Ce dernier est en tout cas décrit comme un être sans scrupule, sans honneur, sans moralité, un escroc de haut vol qui bâtit une colossale fortune en montant une spéculation boursière de grande ampleur : l’émission de très gros emprunts destinés à édifier une ligne de chemin de fer reliant l’Atlantique au Pacifique à travers le Honduras. Cette opération, montée à Londres au milieu de la deuxième moitié du XIXème siècle, permet à Lefèvre et à ses associés de plumer des milliers d’épargnants anglais et français : le chemin de fer ne sera en effet jamais construit et les escrocs se partagent les fonds.

D’un bout à l’autre du récit, Lefèvre et ses amis, à peu près tous juifs, sont à chaque page ou presque dénoncés comme appartenant à cette religion, ce qui explique, selon l’auteur, l’ampleur de leurs crimes. Un antisémitisme assumé et revendiqué dès la préface de l’ouvrage, totalement obsessionnel et révulsant.

L’histoire de Lefèvre, par ailleurs, ne présente strictement aucun parallèle avec celle d’Edmond Dantès. Bien loin d’être une victime, le « Juif de Chamant » est au contraire un criminel endurci. Contrairement à Dantès, il n’est jamais jeté en prison, étant bien trop habile et protégé par ses coreligionnaires pour cela. S’il se retrouve en possession d’une grosse fortune, enfin, c’est grâce à ses escroqueries et non parce qu’il a découvert un trésor. Le nom de Monte-Cristo, en fait, n’apparaît dans les 353 pages du livre qu’une seule et unique fois (mis à part le sous-titre), quand son tailleur londonien le surnomme ainsi en raison de son train de vie extravagant (voir l’extrait ci-dessous, qui donne également une idée du ton du livre).

The Jew of Chamant appartient ainsi à la catégorie des romans qui utilisent le nom Monte-Cristo comme un simple synonyme de « milliardaire », sans référence aux autres thèmes essentiels du roman de Dumas : l’injustice subie, la vengeance, la quasi omnipotence du héros… Une pratique qui était assez courante à la fin du XIXème siècle dans les « dime novels » américains et correspondait manifestement à une démarche consistant à exploiter commercialement la popularité du roman de Dumas. Bref, un ouvrage à oublier aussitôt.

Merci à Gennady Ulman de m’avoir signalé ce texte.

 

Extrait du chapitre XIII What followed Mathilde’s wedding

After Mathilde had thus been satisfactorily disposed of and her future well provided for by Lefevre, qui l'avait lancée, the latter, although a married man, openly kept three mistresses in London—the smallest number to satisfy his Sultanesque appetite. He rented a grand house in Piccadilly, never wore the same pair of kid gloves twice, and was declared to be his best customer by the most fashionable and expensive London tailor, Poole, who nicknamed him Monte Cristo; his expenditure on dress alone exceeding that of any peer, duke or millionaire—nay even, it was said, that of the heir to the throne. His life, in short, was one perpetual orgie of unbridled luxury and the gratification of his sensuality and brutal lust. Yet in spite of all this extravagance and vulgar display, he was still, as ever, true to his breeding—the low, coarse, common minded Jew ; for what is bred in the bone must come out in the flesh, and bon chien chasse de race. His low, depraved instincts were irrepressible.

 


 

 

 

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